Renan Luce au Café de la danse
Des racines dans la chanson à plume et des ailes prometteuses vers le succès
Ce 3 octobre 2006 ressemblait à une journée événement pour Renan Luce et son public déjà si nombreux. Il fallait avoir eu beaucoup de chance et avoir montré de la curiosité pour être au Café de la danse ce mardi. Complet depuis plus de deux mois, ce premier concert parisien faisait écho à son 1er album "Repenti", sorti seulement depuis le 24 septembre.
"Sans indiscrétion, vous attendez pour un appartement ou un travail?" demande une dame s’intrigant devant la longueur de la file d’attente. "Non, c'est juste le premier concert d'un nouveau talent qu'on verra très vite en haut de l'affiche", lui répond-t-on. Alors même si la dame ne connaît pas encore ce protégé de Bénabar, ce ne sera certainement plus le cas dans quelques mois. Très hétéroclite, ce public a au moins une chose en commun: avoir traîner sur Myspace ou avoir vu ses premières parties de Bénabar avant l'été. Seulement 8 jours après la sortie de son album chez Barclay, on sent dès les premières chansons, un public conquis et même très connaisseur. Un murmure de voix accompagnera les paroles de Renan Luce durant tout le concert. Lorsque Renan et ses trois musiciens donnent un autre relief aux chansons de l'album "Repenti", le public des premiers rangs rajoute les subtilités rythmiques et les coeurs déjà entendus sur l'album. Le jeune artiste de 26 ans commence sa prestation intimiste avec délicatesse par le titre « Le Larcymal Circus ». Le titre "Les voisines" en rotation radiophonique depuis l’été mis, dès le début, tout le monde d'accord . Il a fallu attendre "Monsieur Marcel" pour électrifier cette ambiance rêveuse. Devant l'intensité des applaudissements, Renan Luce, encore habitué aux endroits confidentiels, s'excusait presque devant l'ampleur de ce succès. Il aura simplement lâché quelques "merci", mais on le sentait assurément touché derrière son apparente timidité. Point besoin d'une demi-douzaine d'instruments, juste quelques accords dépouillés et une voix enchanteresse suffisent à remplir cette salle du Café de la danse d'un léger nuage de quiétude et de suavité. L'artiste choisit de jouer sa chanson "Repenti" en guitare/voix, mais cette formation minimaliste suffit à dégager une émotion épique. On peut déjà s'avancer que cette chanson donnant le titre à ce 1er album a le potentiel d'un tube en radio. Jean-Louis Piérot des ex-Valentins, réalisateur de cet album ambitieux, vient rejoindre le quatuor pour jouer "Nuit blanche", également un des titres forts de ce premier opus. Pourtant moins péchus, des titres comme "Mes racines" ou "24h01" imposent un silence réceptif et admiratif devant cette émotion à fleur de peau. Bercé par Georges Brassens depuis sa tendre enfance, Renan Luce rend hommage au poète moustachu en reprenant "L'orage". D'une grande justesse, l'artiste a su à merveille réactualiser et faire revive cette chanson de 1960. Après le rappel, Renan décide de conclure de la plus belle manière son concert avec "La lettre". La rythmique est sur scène et les coeurs dans la foule. Le public séduit, en redemande. Ce dernier le pousse avec des applaudissements chaleureux à rejouer "Les voisines", "car je n'ai plus de chanson" explique l'artiste. Le public debout, est d'avance preneur et cette soirée se termine dans une joyeuse satisfaction d'avoir été à cette première Parisienne.
Un talent incontestable, même si sa prestation manquait un peu de rythme et de rapport avec le public, mais sa longue tournée annoncée lui apportera cette expérience et cette assurance. On peut déjà s'avancer qu'il ne tardera pas à jouer dans les salles les plus mythiques et les plus populaires. Les plumes de Renan Luce vont assurément laisser des traces dans le grand livre de la chanson française.
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