Olivia Ruiz à la Cigale en 2005

Publié le par galerne

Une charmante soirée pas académique

Journée événement pour Olivia Ruiz, ce 14 novembre 2005 était le jour de sortie de son deuxième album « Femme chocolat » et était également le début d’une tournée entamée par une date à La Cigale. Des gens de tous les âges étaient venus nombreux. Bien loin, ces jeunes personnes, bercées par la Star Académie et venue curieuses d’approcher une star de la télé. Celle qui connut la magie de la première édition de cette émission s’est bien construite un public propre détenant une certaine culture de la chanson. Ne rentrons pas dans ce débat de savoir qui peut prétendre avoir la valeur de la chanson française mais Olivia Ruiz se rapproche plus d’une chanson plus authentique.

En laissant Chet ouvrir sa soirée, Olivia Ruiz a montré sa reconnaissance envers cet artiste qui l’a beaucoup aidé à ses débuts. En effet Chet, au-delà de lui avoir écrit deux textes sur son premier album et un sur ce deuxième album, est un artiste très proche de la chanteuse.

Dès le début du concert, elle met en confiance le public en chantant les chansons de son premier album. On perçoit déjà une énergie fraîche qui bouscule. Très à l’aise sur scène, elle s’exprime aussi très bien avec son corps. Ses origines hispaniques lui ont donné de nombreux atouts pour la scène. Au moment d’entamer son nouveau répertoire, elle nous pose le décor de ce premier album. Sans trop en dire, elle livre les sentiments qui l’ont gagnés pour composer ce nouvel album. Invité de qualité, Christian Olivier, le chanteur des Têtes raides, l’a rejoint pour le duo « Non-dits ». Moment de partage entre ces deux générations de chanteurs, il s’agissait d’une chanson bien emmenée où l’on a senti une réelle affection pour cette personne. En effet, elle balance une fois le morceau terminé : « c’est quand même la classe d’avoir comme guest Christian Olivier ! ».
Les nouveaux morceaux ont l’air de prendre dans le public. À vrai dire on est un peu pris sous le charme par cette voix qui évoque une certaine Edith Piaf et par cette réelle énergie qu’elle dégage à travers ses danses. Possédant un spectre musical assez large, elle est aussi capable de laisser l’énergie pour s’attacher à une chanson plus dépouillée, plus intime. Pas toujours très juste, elle arrive néanmoins à créer une émotion avec des moments de douce accalmie. Artiste vivant sa musique beaucoup de l’intérieur, on est absorbé par ce visage qui semble intérioriser des sentiments très forts. Avec le Yukulélé que le guitariste venait juste d‘apprendre il y a seulement trois semaines, on voyage sur les terrains de la légèreté et de l’enfance. À ce moment, la touche de Mathias Malzieu, chanteur de Dionysos et co-producteur de l’album, se fait sentir par l’utilisation de cet instrument au son si particulier. Il est vrai que ces deux univers sont assez voisins avec ces promenades dans l’insouciance  et la candeur de l’enfance.
Quand elle entame « le tube » du premier album « J’aime pas l’amour », on perçoit un public conquis qui chantent les paroles par cœur. La manière dont elle parle de l’amour sur cette chanson la rend si singulière par rapport à ce que distille une certaine variété radiophonique.
Thème de son nouvel album, la famille participe beaucoup, au propre comme au figuré, à son spectacle. Pour introduire sa chanson « Thérapie de groupe » où elle parle de son souhait de se livrer en famille, elle a même du mal à exprimer ses sentiments profonds, sachant que sa famille se trouve présente dans la salle. Elle entreprend même d’apostropher son frère qui l’a accusé de ne plus pouvoir « se lever de filles » après ces confidences. La fin du concert est marquée par les duos avec son père un peu intimidé, accompagné d’un proche qui a lui aussi subi cette émigration forcée sous le régime de Franco. Ces deux chansons en espagnol révèlent encore une fois son attachement à ses racines espagnoles.

La prestation très efficace s’achève après deux rappels, elle s’attarde à remercier les gens qui l’ont aidé, salue le public, puis quitte la scène laissant un public rempli d’un sentiment frais très positif. Une artiste très insolite dans le paysage de la chanson française actuelle, une véritable artiste pas académique.


Discographie:
"j'aime pas l'amour" Sortie octobre 2003 (Polydor/Universal)
"La femme chocolat" Sortie novembre 2005 (Polydor/Universal)

Pour voir la chronique de l’album « La femme Chocolat » cliquer ici
Pour écouter l’interview réalisée le 15 novembre 2005 à Paris cliquer ici

Site officiel:
www.olivia-ruiz.com
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article