Romain Humeau "L'éternité de l'instant"
Nouvelle explorationavec ce brûlot rock'n roll
Romain Humeau, leader d’Eiffel, déteste les temps morts. Pour lui, rester deux jours sans gratter une guitare ressemble à une longue maladie. Son groupe a voulu prendre des vacances, alors le charismatique Humeau a décidé de faire un album solo. Avec « l’éternité de l’instant » sorti en mars 2005, le rock se détache de sa routine pour un voyage insolite, remarquable.
En explorant de nouveaux territoires, l’auteur se démarque des sorties actuelles bien ternes comparées à celles de « L’éternité de l’instant ». On se laisse emporter par les mélodies fluides, la voix écorchée vive et les textes remarquables. Mais ce disque-là semble plus riche, tant au niveau des arrangements que des styles abordés, que ceux d’Eiffel. Son écriture semble avoir oser des choses qu’il ne se risquait pas avec Eiffel. Par ailleurs, il n’hésite pas aussi à montrer son affection pour les disques qui ont marqué sa vie. Ainsi, à l’instar des citations littéraires, il empreinte à Bowie puis aux Pixies quelques harmoniques. L’intro de guitare de "S’enflammer" lâche donc un clin d’oeil au "Where is my mind" de Black et avec « Prends ma main », on perçoit l’ombre de "The man who sold the world" de Bowie
Toujours aussi audacieux, Romain Humeau enfonce le clou avec le titre "Toi" qui se pare des plus beaux ornements qu’on puisse imaginer pour une chanson d’amour. Le texte évite les raccourcis coutumiers lorsqu’on évoque ce type de sentiment pour choisir une écriture métaphorique. "Je m'en irai toujours" est une véritable avalanche de paroles avec un chant quasiment rappé sur fond de samples en tous genres, de trompettes distordues, de guitares saturées et de cordes complètement en décalage.
De cette escapade solitaire, quelques moments plus faibles sont toutefois à noter comme le rock sans grande originalité de "Sans faire exprès" et "Leurs échines" ou le folk peu inspiré de "Possédés" dont on préfèrera celui de "Tu restes mon ami", placé en morceau caché, avec ses chœurs souverains, certainement le meilleur de l’album.
À l’instar de Tarmac pour Louise Attaque, beaucoup trouveront peut-être que la musique de Romain Humeau est trop proche de celle d'Eiffel. Mais quand on est la voix et le compositeur d'un tel groupe, il est difficile de se mentir pour arriver absolument à faire quelque chose de différent. Enfin l'essentiel est là, Romain Humeau nous offre 12 titres de très grande qualité, aussi bien dans l'écriture que dans la musique, et s'impose comme un des leaders de la scène française.
Pour voir la chronique du concert du Bataclan (Paris) en novembre 2005 avec des photos cliquer ici
Discographie :
« L’éternité de l’instant » Sortie en mars 2005 (Labels/EMI)
Site officiel:
www.romain-humeau.com
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